Rituels de naissance venus d’ailleurs : entre tradition et mondialisation

Depuis toujours, et partout dans le monde, la naissance est considérée comme un moment sacré.

L’accouchement est en effet source de grands bouleversements physiques, émotionnels et identitaires.  Naître relève ainsi de l’intime et du social. La femme change de statut en devenant mère, et la communauté accueille un nouveau membre.

Aux quatre coins du globe, des rites et des traditions entourent ce moment si spécial. Ils ont pour objectifs communs d’honorer et de prendre soin la mère, d’accueillir et de protéger le nouveau-né.

Du Zuo Yue Zi en Asie (un mois axé sur le repos et l’attention portée à la mère) à la cuarentena en Amérique latine, en passant par les bains de vapeur et les soins du corps en Afrique de l’Ouest et au Maghreb ; une même philosophie prévaut : pendant que la mère prend soin du bébé, la communauté prend soin de la mère.

En France, des traditions similaires ont également existé. Malheureusement, beaucoup de ces pratiques se sont perdues et force est de constater que le post-partum est aujourd’hui souvent vécu par les nouvelles mères comme une période de grande solitude.

Avec la mondialisation, les rituels venus d’ailleurs traversent les frontières. C’est le cas du célèbre soin Rebozo, issu d’une tradition mexicaine, où l’on utilise une écharpe tissée pour bercer et resserrer le bassin de la femme après l’accouchement.

Cette pratique ultra plébiscitée en France vient alors répondre à ce besoin d’attention et de soutien pour les jeunes mères.

En s’ouvrant à ce type de rituel, on peut donc se dire que l’Occident commence à redonner une place particulière au post-partum, et à davantage en prendre soin. Mais cet engouement a aussi un revers : le risque d’une appropriation culturelle qui dénature le sens profond du rituel.

Le Rebozo devient alors une prestation marketing, aux gestes standardisés. Ce soin peut ainsi perdre sa dimension initiale. Car au Mexique, ce n’est pas un simple « resserrage du bassin » : c’est un rite de passage communautaire, un espace de parole, de sororité et de transmission symbolique, d’une génération de femmes à une autre, au sein d’une culture partagée.

Et pendant que certaines pratiques sont pleinement accueillies en Occident, d’autres rituels culturels ou religieux ont beaucoup plus de mal à être compris et « acceptés ».

Je constate ainsi que beaucoup de familles se retrouvent dans la difficulté pour faire vivre des rituels importants pour elles comme :

  • La conservation ou l’enterrement du placenta.
  • Certains soins spécifiques appliqués au cordon ou à la peau du bébé
  • Le rasage symbolique des cheveux du nouveau-né
  • Des soins corporels ou régime alimentaire particuliers pour la mère

Accoucher loin de chez soi c’est aussi faire face à cette triste réalité. Beaucoup de parents n’osent pas parler de ces pratiques de peur d’être jugés, voire d’être considérés comme « archaïques ». 

En parallèle, une forme de culpabilité s’installe : celle de ne pas respecter des traditions et d’honorer ses racines comme on l’aurait fait « là-bas ».

De manière purement pragmatique, il n’est pas toujours possible de réaliser ces rituels tels quels. Ceux-ci nécessitent parfois la présence de personnes précises, d’objets, plantes ou autres éléments introuvables en occident.

Malgré cela, l’enjeu est de trouver une manière de permettre de faire vivre ce qui a du sens pour les parents.

Tu es concernée ? En tant qu’accompagnante périnatale interculturelle, j’ai à cœur de t’aider à cela. Grâce à nos moments d’échanges, sans aucun tabou, nous pourrons :

  1. Mettre en lumière les traditions qui comptent le plus pour toi
  2. Dépasser la peur du jugement extérieur
  3. Imaginer des adaptations possibles pour réaliser ces rituels, malgré la distance

Et n’oublie pas, une des grandes forces des familles multiculturelles c’est la créativité ! Je le vis dans mon quotidien et auprès des familles que j’accompagne. La transmission ce n’est pas forcément reproduire quelque chose à l’identique. C’est donner du sens et de la valeur à ce qui est partager.


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